Journal · 8 avril
L’étale du matin
L’étale n’est pas le calme plat des cartes postales. C’est une pause. Le courant lâche. Les aussières cessent de gémir. On a vingt minutes, parfois moins.
À Port Vauban, on la guette. Le skipper regarde l’eau contre le pneu, pas l’horloge du téléphone. Quand la marque tient, on largue. Les voix restent basses. Les équipes qui viennent travailler en mer comprennent vite : on ne force pas un départ.
C’est le nom de la maison. Pas un ornement. Une manière de quitter le quai.